L’absurde dans toute sa splendeur… et les solutions locales

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Ce matin est paru un article sur le site de RTL.fr, intitulé On est à la limite du supportable, prenant en exemple un élevage porcin dans un département breton.

À la limite du supportable en effet, mais pas dans le sens où l’on croit… En lisant ce titre, j’ai cru d’abord que c’étaient les petits cochons hors-sol qui s’exprimaient. Mais non…

La plainte de cet éleveur de porcs, puisqu’il s’agit de cela, porte notamment sur le prix de revient pour alimenter ses bêtes (ce qui peut se comprendre).

La logique productiviste a dépassé l’entendement

À la limite, je pourrais m’en ficher de cet article et de ce type d’élevage étant totalement végétarienne, néanmoins, je vois les choses dans leur globalité. La question n’est pas de décortiquer la façon dont le système en est arrivé là (on ne le sait que trop), mais bien de trouver des solutions, d’une part parce que les pollueurs qui se plaignent de leurs conditions précaires au final, ça écorche un peu les oreilles, et d’autre part parce qu’en les aidant à ouvrir les yeux et en leur démontrant qu’il est possible de faire autrement, on calme à la fois l’ironie de cette colère tout en recréant un système d’économie locale à la fois plus juste, plus rentable et plus écologique.
Tout le monde serait gagnant (enfin, sauf les porcs qui meurent toujours à la fin, évidemment).

Exemple d’absurdité : le gaspillage existe encore dans les cantines scolaires. Ne pourrait-il pas être mis en place un tri afin de récupérer les épluchures de légumes, les (nombreux) morceaux de pain, bref, tous les restes qui pourraient être quasi immédiatement transportés localement pour être consommés par ces mêmes petits animaux ?
Ces derniers seraient bien plus “heureux” de cette diversité alimentaire, puisque c’est la nature première d’un cochon de manger de tout, et non pas uniquement des céréales à base de soja et maïs (dont la culture est dévoreuse en eau, sans parler des OGM).

Pourquoi cette solution n’est-elle pas suffisamment exploitée ?

Sans compter que cela est valable pour tous les lieux de restauration collective (maisons de retraite, etc.), bref, toute activité professionnelle ayant une cuisine, et donc des déchets.
Certes, quelques cantines font déjà du tri, et des éléments se retrouvent en compost. Très bien. Mais à côté, il reste encore beaucoup de gaspillage. Et même si l’idée est d’éviter de gaspiller en amont, il restera toujours un pourcentage de déchets (épluchures par exemple). Les collectes de déchets (qui existent) seraient peut-être à améliorer.*

Ainsi, une redistribution vers des éleveurs locaux permettrait à la fois une optimisation du système de recyclage (ou plutôt de traitement des “déchets”) et une baisse des coûts. Par ailleurs, les produits (souvent bourrés d’OGM), que ces éleveurs achètent, proviennent généralement du Brésil, en tout cas pour ce qui est de l’élément soja.
Une bonne gestion de denrées alimentaires locales pourraient très bien éviter ce genre d’absurdité.

Reste l’éternel problème de la gestion du lisier dont certains éléments sont polluants (et diffèrent selon la nourriture et l’environnement du porc). Plusieurs solutions sont testées, depuis que l’épandage a été reconnu comme une hérésie. Mais, même pour ces alternatives (biogaz par méthanisation, électricité, pétrole, engrais, traitement aérobie ou autre recyclage de ce lisier de porc), la prudence est de mise, et l’impact réel sur l’environnement doit toujours être la priorité.

Dans tous les cas, les élevages actuels d’animaux voués à la consommation à grande échelle est une folie. Et l’un des principaux éléments qui contribuent à détruire la planète. “Tant qu’il y aura des hommes” est le titre d’un classique du cinéma ; dans le cas de l’avenir de la Terre (et de la santé d’ailleurs), on devrait dire “tant qu’il y aura des mangeurs de viandes”…

* Notons que les cantines bio, qui se développent enfin, gaspillent beaucoup moins, donc produisent moins de déchets.

Circuits courts : une option nécessaire, logique… et possible

La distribution fait tout pour bloquer le système” se plaint l’éleveur interviewé. Qu’à cela ne tienne, il suffit de la contourner.
Rien ne vient jamais d’en haut. Donc ne rien attendre. Mais pourquoi subir et se plaindre ? Décider d’agir est un choix. De plus en plus nombreux sont ceux qui passent le pas, conscients que leur avenir en dépend.

Ainsi, il y a peu, est né un mouvement local, voire hyper local. On connaît bien sûr les AMAP qui permettent de consommer des fruits et légumes frais locaux, voici les “local drive” avec notamment une filière indépendante de petits producteurs locaux – parmi lesquels d’ailleurs des éleveurs de la même région que Thierry (ndlr : Morbihan)…
Premier “drive fermier” de la région, cette initiative appelée “locadrive” offre une distribution directe auprès des consommateurs, grâce à un réseau en forme de mutualisation. Et ça marche !
Alors évidemment, les produits proposés ne sont pas tous bio, il y en a pour tous les goûts, mais la démarche est à saluer. En savoir plus.

En Bretagne, le mouvement de “producteurs à consommateurs” se développe de plus en plus. Comme par exemple, cette plate-forme internet Le Clic des Champs qui permet de composer son panier avec des produits en provenance directe de producteurs situés en Ille-et-Vilaine. Devenir locavore permet également d’entretenir l’économie du pays.

Cet éleveur, mentionné dans l’article de RTL, n’est peut-être pas au courant que les circuits courts sont l’avenir (il faut se dépêcher de le lui dire)… Différents secteurs sont en effet susceptibles d’en bénéficier. Vous allez me dire, dans local drive, il y a “drive” (conduire), et là encore (mais tout comme pour le supermarché), cela demande de se déplacer en voiture polluante (pléonasme). Certes, alors continuons d’optimiser nos transports avec, entre autres, le covoiturage.

C’est la stratégie de la circulation du commerce qui est à revoir, ainsi que les paramètres de production : simplement en optimisant ce que nous avons sous la main, en ne perdant rien. C’est non seulement possible, mais c’est la seule issue pour éviter le mur.
L’aspect environnemental entre également en ligne de compte dans ces nouveaux comportements ! Enfin, nouveaux…, ces façons de faire ne sont pas nouvelles, puisque c’est ce qui se faisait autrefois ! Avant l’industrialisation et la mondialisation.

L’idée est donc plutôt de redevenir raisonnable, logique, sensé et respectueux de la terre nourricière, ni plus ni moins.

Bref, on va peut-être finir par la mériter un jour cette planète.

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(photo : freerange) 


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