Le sens de l’utile (2/2)

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Suite de ma toute première réflexion.

Aujourd’hui, j’ai entendu Jean-Claude Carrière dans l’émission “CO2 mon amour”, que je vous invite à réécouter ici (particulièrement le passage entre 20’05” et 37’42”). Il y est assez négatif quant à la situation du monde sur le plan écologique.

En l’écoutant, me reviennent à l’esprit ces constats quotidiens que je fais depuis des décennies. Et encore actuellement, où l’environnement n’est toujours pas pris réellement au sérieux, alors que c’est la clé de notre survie. Prenons des gestes simples. En réalité très peu de personnes les appliquent en permanence. Soit parce qu’elles n’ont pas le temps (ou ne le prennent pas), soit parce qu’elles n’y pensent pas, soit parce que ce n’est pas encore un automatisme ancré. Le plus souvent par manque de culture ou d’éducation.

Pourquoi trier si tout le monde ne le fait pas ?

J’ai commencé à trier mes déchets dans les années 90 car au début de cette décennie, j’avais passé quelques mois en Angleterre et découvert à cette occasion l’usage de trois poubelles (plus le broyeur de l’évier pour les légumes) ; dans les jardins de particuliers, on voyait déjà des récupérateurs d’eau de pluie et des composteurs (que j’avais déjà observés en Allemagne dans les années 80…)
Pendant ce temps, en France, on commençait tout juste à parler de “développement durable”…

Trente ans plus tard…

Or, pas plus tard que la semaine dernière, je descends mon sac-poubelle pour le déposer dans l’une des poubelles communes de ma résidence (celles de couleur verte, puisque les jaunes sont réservées à ce qui se recycle vraiment ou ce qui se dégrade et qui est naturel). À noter qu’un règlement est affiché à côté et bien lisible.
Or, que vois-je en soulevant le couvercle ? Toute la misère du j’m’enfoutisme, celui-là même qui risque bien de nous projeter plus tôt que prévu dans le mur…

À SAVOIR :

– un carton de pizza (morceau de pizza compris, tant qu’à faire de gaspiller) : ce carton eut été à déposer ailleurs, voire à découper en morceaux ou à plier si l’on va au bout du geste, mais là, apparemment, “il ne faut pas pousser mémé dans les orties” (expression) ;

– une bouteille de champagne : que faisait cette bouteille loin d’un container prévu pour le verre ? On en trouve facilement partout maintenant. Flemmardise ? Non-éducation ? Les deux ?

La désespérance face aux comportements humains provient d’exemples comme celui-ci. (Outre le fait que les Français sont en général bien moins disciplinés que certains voisins européens).
Vous allez me dire, ce n’est qu’une bouteille, ce n’est rien. Certes, mais multipliez ce non-respect des règles par des milliers de personnes fait perdre du temps et de l’énergie au bout de la chaîne de tri. Au-delà de ce petit exemple, c’est surtout le principe de l’acte en lui-même, car j’aurais pu trouver d’autres exemples. C’est ce comportement au niveau intellectuel : une absence totale de raisonnement quant à l’impact de nos activités. On peut en effet s’en inquiéter chaque jour qui passe car le temps presse !

Une question d’éducation

Les gestes pour respecter l’environnement devraient être automatiques ! Pour ce faire, c’est dès l’enfance que ces notions doivent être intégrées par nos enfants. D’où l’utilité de l’ÉDUCATION : elle est primordiale ! Mais elle risque d’être longue à produire des effets…

Prenez une petite famille dans une voiture (au diesel, tant qu’à faire de polluer), enfants à l’arrière et le père au volant qui, soudain, jette quelque chose par la fenêtre (mégot, papier, mouchoir, emballage, canette…). On l’a tous vu ! Particulièrement en France car en Italie, en Angleterre, et surtout en Allemagne et en Suisse, cela est interdit. Comment voulez-vous que l’enfant s’y retrouve ?

D’un côté, à l’école, on lui parle de respect de la nature, on met en place des projets éducatifs, de l’autre ses parents montrent l’exemple contraire !

Question de génération ? En tout cas, bien difficile alors de faire accepter que OUI, c’est important. Que peut alors penser cet enfant du comportement de son père à ce moment ? Va-t-il s’autoriser à penser que ce dernier n’est pas quelqu’un de “bien” puisqu’il contribue à pourrir la Terre ? Et “égoïste” puisque, indirectement, il ne pense pas à l’avenir de son enfant ? Inconscient ? J’menfoutiste ?

En réalité : pas éduqué. La réflexion ne se fait pas dans son esprit, c’est culturel, il ne peut donc pas montrer l’exemple s’il n’a pas lui-même fait la démarche de s’éveiller aux conséquences des actes de sa vie quotidienne. Le parcours mental qui le conduirait à respecter sa planète, donc à se respecter soi ainsi que les autres, n’a pas eu lieu.

Et cela vaut aussi bien au supermarché, lorsque l’on voit les parents céder à leur enfant pour un pot de Nute…. une merde sans nom pour la santé. Ces parents se rendent-ils compte du danger (pizza, colas, plats tout faits, viande premier prix, le tout industriel, etc.) qu’ils préparent à ceux qui, pourtant, semblent être “la prunelle de leurs yeux” ?

Or, toute la difficulté est là. Et ce n’est pas totalement de leur faute, ils ont été projetés dans une société où tout s’est développé pour rendre la vie “plus facile”, notamment au niveau du confort. Pourquoi faire un effort ? Mais que ce soit à ce niveau ou au niveau alimentaire, depuis les années 50 (disons l’après-guerre), et particulièrement depuis les années 70, tout ce qui sort des usines est polluant et/ou composé de polluants, avec un impact sur des plans différents, à moyen ou long terme. On le sait maintenant.

Il est d’ailleurs étonnant de lire la surprise de certains, sur les réseaux sociaux, quand ils découvrent que tel ou tel produit s’avère “finalement” cancérigène. Mais n’ont-ils donc pas été assez curieux pour se poser la question au moment où ils achetaient le produit ? Internet est quand même une mine d’informations quand on veut vraiment faire preuve de curiosité !
Le bon sens humain, la logique même de méfiance simplement devant un terme écrit sur une étiquette, devrait pourtant primer… Cette confiance aveugle m’a toujours étonnée !

Ainsi, on parle actuellement de l’impact de l’eau radioactive de la centrale en fuite de Fukushima que les courants (plus ou moins radioactifs donc) rapprocheraient des côtes de Californie en 2014… (en fait, d’ici quelque jours). Entre nous, des débris radioactifs ont été déjà retrouvés l’année dernière sur des plages hawaïennes…
Or, ce qui est étonnant, c’est que l’on va s’insurger contre le fait qu’il sera du coup peut-être dangereux de se baigner, alors que l’état de la mer actuellement sur toutes les côtes, les nôtres comprises, est déjà désastreux.

En effet, durant la période de juillet-août, quid de tous ces gens qui entrent dans l’eau couverts d’huile anti-UV, pas bio du tout, laquelle se répand insidieusement dans l’eau, même si c’est incolore ?… Y pensent-ils seulement ? Sans parler d’autres pollutions…
Cet été par exemple, en Bretagne, haut lieu de tourisme s’il en est, quelques plages ont été fermées sur le littoral morbihannais, puis rouvertes sans que la cause du problème ait été trouvée… Mais qui lit cette petite ligne de journal local, passée inaperçue ?

Le vrai problème est que les enjeux économiques sont tels que les autorités ne veulent pas prendre le risque de stopper une activité. C’est pourquoi le principe de précaution est mal vu. Et tant pis pour les risques… la santé passe après.

Le changement qui devrait s’effectuer est tellement énorme – à commencer par les mentalités – que l’on peut comprendre que certains baissent les bras.

Alors concernant le sens de l’utile : celui-ci commence par l’éducation à l’environnement.

 

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